Ma carrière en informatique

Mes études et mon premier emploi

J’ai débuté mes études en informatique au Collège Multihexa après avoir développé le site Web de la municipalité de Boischatel. Au départ, je ne voulais rien savoir de faire du réseau, mais j’ai découvert en cours de route que c’est ce que j’aimais le plus. Alors j’ai fait un double AEC en Techniques de Micro-Informatique, et Installation et Gestion de Réseaux.

J’ai eu la chance que le Collège m’engage à la fin de mes études, mais ce ne fût pas la chance de tout le monde. Plusieurs sont retournés faire le métier qu’ils faisaient avant, après avoir investi 15,000$ pour étudier 1 an dans un collège privé. De mon côté, j’ai commencé comme prof à la formation aux adultes, mais après 3 mois, je suis monté au Collégial. Puis, Multihexa a fait une faillite retentissante.

Les franchisés de Chicoutimi et Trois-Rivières ont rescapé la division collégiale de Québec, mais le reste est passé à la trappe. Sur 200 personnes qui étaient employées, j’ai été parmi les 8 chanceux qui ont gardé leur emploi à Québec. On parle ici de début 2002, après le gros crash techno post bug de l’an 2000. Les emplois en informatique se faisaient rares, les salaires étaient à la baisse. J’ai eu de la chance.

Rive-sud de Montréal

Après 1 an à donner tous les cours aux finissants du Collège, et à faire de la supervision de stage, j’ai trouvé un emploi à Longueuil, sur la rive-sud de Montréal. Je pensais qu’en m’en allant dans la grande ville, les portes s’ouvriraient. Je ne pouvais pas être plus loin de la réalité. Le marché de l’informatique était en famine, les emplois rares et mal payés. J’ai persévéré, parce que j’aimais ça, et je voyais que c’est vers là que s’en allait la planète, mais je travaillais comme technicien dans une très petite entreprise, où il n’y avait que mon patron et moi. Difficile de monter dans la hiérarchie!

N’empêche, ça m’a apporté un des plus beaux mandats de ma carrière: La campagne électrorale de l’ADQ en 2003. J’avais fait l’architecture d’un réseau sans fil entre 3 autobus, avec un accès Internet haute vitesse par satellite, qui pouvait être déployé en moins de 15 minutes lors des déplacements. Pour l’époque, c’était très novateur! Dans le temps, les laptops n’avaient pas encore tous du wi-fi, les cellulaires n’avaient pas encore de connexion Internet, alors il avait fallu faire câbler les autobus en RJ-45, et établir des ponts sans-fil entre les bus et mon camion satellite… Notre système était tellement apprécié des journalistes que le PQ nous a copié pour la 2è partie de la campagne. Même si l’ADQ a pris une dégelée, la campagne a été un succès sur le plan technologique!

Retour à Québec

De retour à Québec en janvier 2004, j’ai travaillé pour une boîte pharmaceutique, Anapharm, comme technicien. Un salaire de misère, même pas suffisant pour me payer un appartement. Je demeurais chez ma mère, et j’ai pensé retourner à l’université faire Génie Informatique. J’ai déchanté quand l’université m’a demandé de refaire mes cours généraux du Cegep.

J’ai donc démarré ma première entreprise en informatique. Combiné avec ma chronique informatique hebdomadaire, qui m’apportait un bon flot de clients, j’ai eu un certain succès. En 2 ans, je suis passé de 0 à 200 clients, dont plusieurs entreprises de plus de 20 employés, qui me faisaient confiance pour leur réseau informatique.

Cependant, après 2 ans, j’avais fait le tour du jardin. J’avais besoin de défis plus grands. J’ai donc postulé chez Compugen, une firme de consultation peu connue, mais bien installée à Québec, et ça a véritablement propulsé ma carrière. Après 5 ans de vaches maigres, j’avais enfin des mandats dans de grandes entreprises. Industrielle Alliance, Gouvernement du Québec, bref, de beaux mandats d’analyste en infrastructure.

Devenir architecte

Après 1 ans chez Compugen, j’avais fait mon chemin dans les grandes entreprises et au gouvernement, mais je plafonnais. Nurun m’a donné la chance d’aller encore plus loin. J’ai donc obtenu des mandats de grande envergure, en tant qu’architecte technologique, au gouvernement du Québec. MTQ, Revenu Québec, CSPQ, j’ai vraiment fait les grands ministères. Des mandats d’élaboration de Plan de Relève Informatique, d’architecture réseau pour la migration du RETEM vers le RITM (les ancêtres de réseau WAN du Gouvernement du Québec), d’architecture de systèmes 3 tiers, bref, j’étais vraiment là où l’action se passe.

Cependant, je suis un gars de 1001 projets. J’ai voulu démarrer un projet sur le « side » avec un ami de chez Nurun, et Nurun n’a pas aimé. Ils nous ont mis sur la touche pour nous « faire réfléchir », alors que notre projet n’avait rien à voir avec l’entreprise, et qu’on le menait strictement en dehors des heures. J’ai donc décidé qu’il était temps de voler de mes propres ailes.

Consultant à mon compte

J’avais à l’époque une forte spécialisation en infrastructure, Active Directory, DNS, Windows Server et Microsoft Exchange. Je suis allé voir Industrielle Alliance, qui a bien voulu me donner ma chance comme consultant « freelance ». J’ai donc démarré ma 2è entreprise, mais cette fois, comme consultant en architecture technologique et télécom. J’ai tour à tour été architecte techno chez Industrielle Alliance, architecte en télécommunications chez Desjardins, architecte de capacité-performance à la RAMQ, puis de retour chez Industrielle Alliance.

J’ai eu de très beaux mandats d’architecture, dans toutes sortes de domaines de pointe. Surtout en infrastructures et en télécommunications. Mais je ne pouvais pas avoir des mandats « Coupe Stanley » en étant freelance. Je devais me trouver un emploi dans une firme de renom pour ça.

LGS, Une Société d’IBM et mon premier trophée

À l’automne 2018, j’ai fait les démarches nécessaires pour me trouver un emploi dans une grande firme. LGS, faisant partie de la famille IBM, semblait une belle opportunité. Ils m’ont embauché en janvier 2019, et rapidement, au mois de mars, je suis parti en mandat au CSPQ comme architecte en infrastructures Linux et virtualisation dans un projet de téléphonie IP. C’était bien, mais ce qui m’attendait allait être mon premier trophée.

Je croise un de mes anciens collègues de la RAMQ dans les corridors du CSPQ, Jeff Plante. Il me dit que le Programme de Consolidation des Centres de Traitement Informatiques (PCCTI) du Gouvernement du Québec sont à la recherche d’un architecte en télécommunications. Je suis donc allé rencontrer le directeur du programme, qui m’a immédiatement embauché à travers un contrat de LGS. C’est là que le vrai plaisir a commencé!

Longue histoire courte, on m’a dit: « Voici un tableau blanc, il faudrait que tu nous fasses une architecture de réseau pour 4 centres de données vierges, qui doivent pouvoir accueillir l’ensemble des charges du Gouvernement du Québec, actuellement réparties dans 465 centres de traitement informatiques ».

Wow. Rienque ça. Mon premier mandat « trophée ». Je suis devenu l’architecte télécom en chef du PCCTI.

J’ai donc fait un design de réseau, écrit un devis technique d’appel d’offre (sur lequel IBM ne pouvait pas soumissionner bien sûr), répondu aux questions des soumissionnaires, et ultimement, fait le « casque blanc » des travaux de mise en place. Au plus fort du projet, il devait y avoir une vingtaine de personnes qui étaient à ma charge technologiquement parlant, dont plusieurs intervenants de chez Cisco et Bell Canada, qui avaient remporté conjointement le contrat.

Connectivité infonuagique du Gouvernement du Québec – Mon 2è trophée

En cours de mise en place du réseau du PCCTI, et alors que le Réseau Gouvernemental de Télécommunications (successeur du RITM, le WAN du Gouvernement du Québec) était en cours d’élaboration, le besoin de connecter les Ministères et Organismes ainsi que la Santé (hôpitaux, CLSC, etc…) aux services infonuagiques devenait criant. Nous avions des demandes fréquentes, et il fallait prendre la balle puisque personne d’autre ne l’avait prise.

Il faut dire que dans le PCCTI, 80% des charges de traitement du Gouvernement devaient aller vers l’infonuagique, et pour ce faire, il fallait des liens privés entre les réseaux des Ministères et Organismes et les fournisseurs de service infonuagique. Comme nous mettions déjà en place le réseau dans les CTI consolidés, nous avons pris en charge la mise en place de la connectivité innfonuagique.

Une fois de plus, j’ai rédigé l’architecture du service, écrit le devis technique de l’appel d’offre, répondu aux questions des fournisseurs, et ultimement supervisé la mise en place du service. Je me retrouvais donc à être le maître d’oeuvre du plus important projet de connectivité infonuagique au Québec. Nous anticipions près de 200 clients, dont le Ministère du Revenu, les Transports, la CNESST, la SAAQ, et j’en passe. De très grands clients, des débits jamais vus.

Avec ces deux projets, nous avons mis en place un des réseaux distants les plus performants et résilients au Québec, comprenant en tout 9 liens WAN 100Gb/s reliant un total de 7 centres de traitement. C’était mon « train électrique » comme je l’appelais.

Vers la fin, je voyais poindre la fin de la mise en place, et le début de l’exploitation de ces deux services. L’exploitation, les opérations, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. Je suis un architecte. Je dessine des réseaux. Je devais passer le flambeau et me trouver un autre projet, un autre réseau à dessiner.

Bell Canada et le Réseau Gouvernemental de Télécommunications (RGT)

Afin de succéder au RITM (L’ancien réseau WAN gouvernemental, opéré par Telus), le CSPQ / ITQ / MCN a publié une série d’appels d’offres, sous le parapluie du RGT (Réseau Gouvernemental de Télécommunications). C’est Bell Canada qui avait gagné le plus gros mandat, soit le contrat d’intégration de tous les services WAN du Gouvernement du Québec. Un contrat de 110M$.

Comme j’avais déjà quelques contacts chez Bell, je leur ai envoyé mon CV, en me disant que ce serait un beau projet pour finaliser ma signature des réseaux du Gouvernement du Québec. Ça allait compléter mon Trifecta.

C’est ainsi qu’en janvier 2023, je commençais chez Bell, comme architecte en télécommunications senior, sur le RGT. Après quelques semaines de travaux avec l’équipe de 35 personnes, les gestionnaires me voyaient déjà prendre le relais au rôle d’architecte intégrateur. Sur un projet d’envergure comme ça, l’architecte intégrateur, c’est celui qui connaît tout, jusqu’à un certain niveau de détail, et qui est en mesure de prendre des décisions technologiques et politiques pour orienter le projet.

En mars 2023, je prenais officiellement le poste d’architecte intégrateur. C’est vraiment grisant d’apporter sa signature sur un tel projet! Je devenais ainsi la face du RGT. Le leader d’une équipe de réalisation de 35 personnes, des architectes spécialisés SD-WAN, spécialistes en sécurité, architectes de réseaux, jusqu’aux techniciens en câblage, tout en étant responsable des relations client au niveau technologique. Et le MCN n’est pas un client facile.

Heureusement, équipé pour aller à la guerre avec une équipe de feu, des gens compétents, des experts de haut niveau, j’ai réussi à terminer en grande partie le travail qui avait été débuté 2 ans avant mon arrivée. Je ne pouvais pas tout revirer à l’envers, mais j’ai travaillé avec ce qui avait été mis en place avant mon arrivée. Je pense donc qu’au cours de l’année où j’ai travaillé pour Bell Canada sur le RGT, j’ai réussi à prendre le projet en main et à le mener à la phase de déploiement, qui a débuté par un projet pilote en décembre 2023. Même si je ne l’ai pas pris depuis le tout début, je crois bien y avoir apporté ma signature suffisamment pour qu’on se rappelle que j’y ai contribué.

Cisco – Un objectif de carrière

De retour en 2012, je suis allé visiter la Californie, dans le secteur de San Francisco. Il est impossible pour le geek que je suis d’être dans ce coin du monde sans aller visiter les sièges sociaux de quelques entreprises icôniques, tel qu’Intel, Apple, Facebook, Google et Cisco. Pour le gars de télécom que je suis, Cisco, c’est le summum de la technologie, un parangon de stabilité, des routeurs que tu mets en place et que tu ne retouches pas avant de les décommissionner dans 20 ans.

J’étais donc allé visiter le campus Cisco, et je m’étais fait prendre en photo par ma copine de l’époque devant le logo, en me disant « Un jour, je vais travailler pour Cisco ».

Ce jour est arrivé, en janvier 2024. Les démarches avaient débuté au mois de janvier 2023. Je m’étais fait solliciter pour aller travailler pour eux, mais je venais tout juste de signer mon contrat pour Bell. Je ne pouvais pas me rétracter, et perdre mon nom à Québec. Par ailleurs, le mandat du RGT était aussi très stimulant! Puis, au mois d’août 2023, le téléphone sonna à nouveau. Cisco avait encore besoin d’un spécialiste de livraison client francophone pour le Québec. Quelqu’un qui pourrait travailler avec le gouvernement du Québec, qui connaissait bien les dossiers, les clients, et qui était aussi connu des clients. J’étais tout désigné pour cet emploi.

Je vous écrit donc aujourd’hui, alors que j’en suis à ma 2è semaine de travail chez Cisco. Je suis encore dans l’embarquement (onboarding), et 90% de mes activités se déroulent en anglais. Dans mon équipe pan-Canadienne de 30 personnes, nous sommes seulement 2 ou 3 à parler français. Une belle équipe de gens compétents, des « top gun » de la télécom. J’ai déjà mes deux premiers clients, et beaucoup d’autres qui m’attendent!

Bien sûr, tout ce que j’écris sur ce blog est de mon cru personnel, et n’a rien à voir avec Cisco. Je n’exprime que mes opinions personnelles. Gardez ça en tête! Je ne pourrai pas non plus vous parler de mes mandats chez Cisco, mais je vais pouvoir vous parler de technologie, répondre à vos questions, et vous faire des tutoriels pour vous aider à avancer en techno, quels que soient vos objectifs!

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.